Articles de presse «Roméo et Juliette» se rit de la gravité au Loup Shakespeare vibre de jeunesse sous la houlette de Lorenzo Malaguerra «Oh, yes!» soupire une voix adolescente dans la salle. Sous les premières lumières de l'aube tombant des cintres. l'enlacement du couple interdit éclate de douceur. Et fait visiblement envie... Roméo et Juliette ne saurait se laisser enfermer dans le carcan de la tragédie. Ce serait méconnaître Shakespeare, qui se joue en virtuose des genres comme de l'infinité des sentiments humains. Lorenzo Malaguerra l'a bien compris. Le metteur en scène livre, sur une nouvelle traduction d'Yves Sarda (qui respecte la langue avec gourmandise et la brusque avec tendresse), une lecture ou le rire le dispute a la haine et a la grâce. Du Shakespeare pur jus en somme, tant l'écrivain aime jongler avec la poésie, la comédie, le tragique et l'historique. «Oh, yes!» donc; pour dire le désir et la sensualité qui vibrent entre les corps. Pour déguster aussi la nuit qui «convient mieux à l'amour», mais aussi aux complots et a la sauvagerie des clans. Pour apprécier enfin la juvénilité des acteurs, bande de copains soudés par la fête, le sexe et l'amitié. Benvolio (attachant David Gobet), Mercutio (José Lillo, sexy et tourmenté à souhait) et Roméo (Matteo Zimmermann, habité par la passion) se lancent dans le texte foisonnant en véritables «rappeurs» élisabéthains, dont Juliette (Ania Temler, diaphane) ne saurait adoucir les rages. Libérés de la gravité terrestre et littéraire, les jeunes comédiens volent littéralement vers leur destin. Et leurs aînés les suivent. Magali Helias (nourrice truculente), Philippe Hottier (Frère Laurent inspiré) et Roberto Molo (raide Capulet) sont portés par ce jeu décomplexé. «Oh, yes!» Sylvie Bonier, Tribune de Genève, 22.01. 2009